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	<title>Visitez Luang Prabang, et le reste du Laos</title>
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		<title>Visitez Luang Prabang, et le reste du Laos</title>
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		<title>Sur les sentiers Laotiens - 1921</title>
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		<description>
&lt;p&gt;A Mr Auguste Pavie &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre 1. Coup d'oeil sur le Laos et le Haut-Laos. &lt;br class='autobr' /&gt;
Laos, &#224; 1500 k. de la mer, &#233;tal&#233;e au bord de cet immense M&#233;kong, qui, malgr&#233; toutes les imperfections de son lit et les inconv&#233;nients de son r&#233;gime, demeure encore &#224; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes l'unique voie pratique pour y arriver ! Consid&#233;r&#233; dans son ensemble et sans trop d'imagination aidant, le Laos a l'aspect d'une fleur &#224; cinq p&#233;tales dont la tige form&#233;e par la bande de territoire &#233;tir&#233;e, situ&#233;e &#224; l'ouest de la cha&#238;ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luangprabang-laos.com/-rubrique96-" rel="directory"&gt;Textes anciens sur le Laos&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton598-a800a.jpg?1735528170' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Mr Auguste Pavie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 1.&lt;br class='autobr' /&gt;
Coup d'oeil sur le Laos et le Haut-Laos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laos, &#224; 1500 k. de la mer, &#233;tal&#233;e au bord de cet immense M&#233;kong, qui, malgr&#233; toutes les imperfections de son lit et les inconv&#233;nients de son r&#233;gime, demeure encore &#224; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes l'unique voie pratique pour y arriver !&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;r&#233; dans son ensemble et sans trop d'imagination aidant, le Laos a l'aspect d'une fleur &#224; cinq p&#233;tales dont la tige form&#233;e par la bande de territoire &#233;tir&#233;e, situ&#233;e &#224; l'ouest de la cha&#238;ne an-namitique, serait travers&#233;e sur toute sa longueur par une gigantesque art&#232;re nourrici&#232;re, le M&#233;kong. Mais si important que soit ce vaisseau, il n'en est pas moins oblit&#233;r&#233; en maints endroits, et quelles que soient les am&#233;liorations qu'il ait subies depuis bient&#244;t trente ans, il demeure au-dessous de sa t&#226;che, au-dessous des esp&#233;rances qu'on avait fond&#233;es sur lui, impuissant &#224; assurer les &#233;changes nutritifs n&#233;cessaires pour permettre &#224; la belle fleur laotienne d'atteindre son plein &#233;panouissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant il lui donne la vie. Il est le grand protecteur, le M&#233;c&#232;ne du pays. C'est lui qui, par ses inondations annuelles, facilite la croissance du riz. C'est lui qui fournit le poisson, branche importante de l'alimentation indig&#232;ne. C'est sur ses rives, engraiss&#233;es par le limon qu'il y d&#233;pose, que poussent le coton, le tabac, l'indigo et les l&#233;gumes d'usage courant. Il est dans une certaine mesure au Laos ce que le Nil est &#224; l'Egypte. Mais il ne faut pas attendre de lui plus qu'il ne peut donner. Ceux qui voyaient le moyen de faire de Saigon un des plus grands entrep&#244;ts du monde, le port des ports d'Extr&#234;me-Orient par &#171; l'afflux des produits de trente royaumes ou tribus &#233;chelonn&#233;s le long du fleuve, ceux du Yunnan et ceux des provinces int&#233;rieures de la Chine &#187;, ceux-l&#224; caressaient un espoir chim&#233;rique. Voici trente ans que sont entrepris, poursuivis, ex&#233;cut&#233;s &#8212; en partie du moins &#8212; de gigantesques travaux de d&#233;rochage et de balisage. On a beaucoup d&#233;pens&#233;, fait ind&#233;niable, mais en &#233;change des millions de dollars qu'il a engloutis, le M&#233;kong, indiff&#233;rent &#224; ce lourd passif, a bien peu rendu. Des vapeurs, dira-t-on, ne remontent-ils pas toute l'ann&#233;e jusqu'&#224; Vientiane ? La belle affaire ! De quel tonnage ? A quel prix ? En combien de temps ? Et par quels moyens ? Voil&#224; ce dont on ne semble gu&#232;re se pr&#233;occuper. Voil&#224; cependant les &#233;l&#233;ments indispensables pour se faire une opinion exacte et appr&#233;cier &#224; une saine lumi&#232;re les services d'une telle navigation. Je me r&#233;serve d'y revenir avec pr&#233;cision quand je d&#233;crirai ce long et fastidieux voyage, coup&#233; de nombreux transbordements, sur un fleuve turbulent au lit capricieux, bris&#233; par les roches et les rapides, constamment en r&#233;volte contre les cha&#238;nes avec lesquelles on a la pr&#233;tention de le dompter. Qu'il nous suffise de savoir pour l'instant que tant que nous compterons sur le seul M&#233;kong pour sortir le pays de sa l&#233;thargie et lui infuser un sang r&#233;novateur, nous nous bercerons de f&#226;cheuses illusions. Tant qu'il ne sera reli&#233; &#224; la mer que par cette art&#232;re afflig&#233;e de scl&#233;rose en maints endroits, aussi impuissante &#224; exporter ses richesses qu'&#224;.lui apporter les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; les exploiter, le Laos sera toujours, suivant l'expression saisissante de Paul Doumer, &#171; un boulet d'or riv&#233; aux pieds de l'Indochine &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est, du, reste, moins au fleuve qu'au syst&#232;me orographique que le pays doit les difficult&#233;s de son d&#233;veloppement. Car si le M&#233;kong est encombr&#233; de rapides, n'est-ce pas &#224; ces nombreuses ramifications d&#233;tach&#233;es de la cha&#238;ne annamitique qu'il faut s'en prendre ? Si quelques-unes d'entre elles se bornent &#224; s&#233;parer les bassins de ses divers affluents, combien d'autres, traversant sa vall&#233;e, le fragmentent en plusieurs biefs ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est aussi tourment&#233; que ce puissant massif montagneux, descendu du Thibet &#224; travers le Yunnan, qui forme l'ossature de la presqu'&#238;le indochinoise. Etal&#233; d'abord en une furieuse m&#234;l&#233;e de d&#233;plissements multiples, d'escarpements disparates entre la Rivi&#232;re Noire et le M&#233;kong, il se r&#233;tr&#233;cit ensuite pour s'infl&#233;chir vers le sud parall&#232;lement &#224; la mer de Chine jusqu'au Gap Padaran o&#249; il se termine. Ce vaste dos d'&#226;ne est la ligne de d&#233;marcation qui s&#233;pare le Laos et l'Annam. Fronti&#232;re naturelle d'abord, fronti&#232;re climat&#235;rique ensuite, car s'il y a sur le versant de l'Annam deux saisons des pluies qui permettent deux r&#233;coltes annuelles, le versant laotien moins bien partag&#233; n'en conna&#238;t qu'une seule. Sur le versant maritime la cha&#238;ne s'affaisse en pente abrupte tandis qu'elle s'incline doucement par gradins successifs du c&#244;t&#233; du M&#233;kong. C'est entre ces cha&#238;nons secondaires, le long des cours d'eau qu'on trouve de vastes plaines tant&#244;t couvertes de rizi&#232;res et de villages, tant&#244;t de belles for&#234;ts vierges. Et c'est aussi la zone de ces for&#234;ts clairi&#232;res dont l'aspect est si diff&#233;rent suivant l'&#233;poque : verdure, ombrages, frondaisons puissantes pendant la saison des pluies ; amas d'arbres rabougris et d&#233;pouill&#233;s sur un sol br&#251;l&#233; par le soleil pendant la saison s&#232;che.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel contraste avec le Laos septentrional dont je veux surtout parler ici ! Je n'ai pas souvenir d'avoir rencontr&#233;, nulle part ailleurs, terrain semblable. Le caract&#232;re g&#233;n&#233;ral du pays est un chaos invraisemblable de montagnes informes surgies de terre comme au hasard, de cr&#234;tes s&#233;par&#233;es par des ravins &#224; pentes perpendiculaires, ou par des vall&#233;es &#233;troites profond&#233;ment encaiss&#233;es au fond desquelles miroitent au soleil les sinuosit&#233;s sans nombre d'un cours d'eau, toujours le m&#234;me, qui dispara&#238;t et repara&#238;t sans cesse, comme les tron&#231;ons d'un interminable serpent. Ce ne sont que ressauts, exhaussements confus de collines, oc&#233;ans de pics, de c&#244;nes, de mamelons, de pyramides qui s'&#233;tendent &#224; perte de vue, se chevauchent, s'&#233;tirent et ondulent les uns derri&#232;re les autres. Impossible de relever quelques indications de syst&#232;me, une apparence de cha&#238;ne r&#233;guli&#232;re. Impossible d'obtenir du haut de ces sommets une vue d'ensemble sur le terrain parcouru, car sur les cimes comme dans les bas fonds, la v&#233;g&#233;tation touffue, embarrass&#233;e de lianes oppose presque toujours aux regards tendus vers l'espace un imp&#233;n&#233;trable rideau. Tant&#244;t un rocher isol&#233; s'&#233;l&#232;ve devant vous comme un mur infranchissable, tant&#244;t une pente rapide vous conduit au bord d'un torrent dont les eaux emprisonn&#233;es battent furieusement contre le granit d'un chenal sinueux. Parfois brusquement, tout &#224; fait inattendu, un paysage &#224; not&#233; po&#233;tique s'offre &#224; votre vue : un joli rio roule ses eaux fra&#238;ches en des ravins encombr&#233;s de verdure, &#224; l'ombre de vieux arbres empanach&#233;s de lianes, qui semblent d'augustes vieillards &#224; t&#234;te chenue ; pench&#233;s sur le berceau o&#249; gazouille la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k313351p&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Document complet t&#233;l&#233;chargeable en PDF sur Gallica.bnf.fr&lt;/a&gt; ]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Douze mois chez les sauvages du Laos - 1898</title>
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&lt;p&gt;CHAPITRE XIII HABITANTS DU LAOS - GENERALITES (extraits) [pages 190-194] &lt;br class='autobr' /&gt;
Laotiens &#8212; Le Laotien ressemble beaucoup au Cambodgien et un peu au Siamois, j'entends au physique. On se doute bien que toutes ces races doivent avoir une origine commune, bien que cette question soit tr&#232;s complexe et tr&#232;s peu connue, malgr&#233; les nombreuses &#233;tudes qu'on en a faits et qui se poursuivent chaque jour. En tous les cas, beaucoup de mots se ressemblent chez les trois peuples, et leur fa&#231;on d'&#233;crire a beaucoup (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luangprabang-laos.com/-rubrique96-" rel="directory"&gt;Textes anciens sur le Laos&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton599-3f08f.jpg?1735528170' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CHAPITRE XIII&lt;br class='manualbr' /&gt;HABITANTS DU LAOS - GENERALITES (extraits)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;[pages 190-194]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laotiens &#8212; Le Laotien ressemble beaucoup au Cambodgien et un peu au Siamois, j'entends au physique. On se doute bien que toutes ces races doivent avoir une origine commune, bien que cette question soit tr&#232;s complexe et tr&#232;s peu connue, malgr&#233; les nombreuses &#233;tudes qu'on en a faits et qui se poursuivent chaque jour. En tous les cas, beaucoup de mots se ressemblent chez les trois peuples, et leur fa&#231;on d'&#233;crire a beaucoup d'analogie, bien que le Laotien emplie plus de lettres que le Cambodgien, qui en a lui-m&#234;me plus que nous ; et ce sont de v&#233;ritables lettres, une v&#233;ritable &#233;criture, bien diff&#233;rente des caract&#232;res annamites et chinois. Dans les trois langues, on trouve le mot &lt;i&gt;lao&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;l&#233;o&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;ancien&lt;/i&gt;, ce qui impliquerait peut-&#234;tre que le Laotien serait l'anc&#234;tre de ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns comme les autres sont d'un type assez beau, et d'une taille moyenne, qui para&#238;t d'autant plus grande que g&#233;n&#233;ralement on fait, avant d'arriver chez eux, une escale en Cochinchine dont les habitants, les Annamites, sont le plupart assez petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils semblent assez forts, mais mous et apathiques, ils ont le teint bronz&#233; et les dents noircies par le b&#233;tel dont ils ont continuellement des chiques dans la bouche, ce qui les fait cracher tout rouge. En g&#233;n&#233;ral, Laotiens comme Cambodgiens semblent peu intelligents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Cambodgiens portent les cheveux courts, hommes comme femmes, et ils les s&#233;parent par une raie sur le milieu ou le c&#244;t&#233; de la t&#234;te. Quelques Laotiens font de m&#234;me, mais la plupart se rasent tout le tour de la t&#234;te, comme les Siamois, et conservent sur le cr&#226;ne les cheveux demi-courts et droits comme des crins de brosse. Les femmes se font couper assez facilement les cheveux, &#224; la moindre maladie, mais en g&#233;n&#233;ral elles portent un chignon pyramidal s'&#233;levant en pointe sur le sommet de la t&#234;te et orn&#233; &#224; la base d'un ruban d'&#233;toffe de couleur, g&#233;n&#233;ralement jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute la contr&#233;e, on porte comme v&#234;tement le &lt;i&gt;sampot &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;langouti&lt;/i&gt;, esp&#232;ce de foulard en coton de grandes dimensions qui est attach&#233;, par un tour de main particulier, &#224; partir de la ceinture et descend jusqu'au-dessous du genou. Les riches et les mandarins font faire cette partie du v&#234;tement en tr&#232;s belle soie de couleurs vives et chatoyantes. Ils compl&#232;tent leur v&#234;tement par une petite veste &#224; deux poches, rejoignant &#224; peine le sampot &#224; la ceinture, et quelque fois des souliers et un chapeau. Les autres n'ont rien du tout, et on se demande comment ils peuvent rester sous le soleil avec 50&#176; et lus sur leur t&#234;te, continuant de ramer, alors que, m&#234;me avec un chapeau, l'Europ&#233;en h&#233;site &#224; quitter l'abri offert par le rouffle de la pirogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Laotien est d'humeur assez ind&#233;pendante, poss&#233;dant, avec une certaine susceptibilit&#233;, une fiert&#233; tr&#232;s grande. Hommes comme femmes ne supportent qu'avec peine l'id&#233;e d'une punition corporelle ; t&#233;moin la fi&#232;re r&#233;ponse de cette Laotienne &#224; qui une Annamite, interpr&#232;te d'une Europ&#233;enne qui l'avait emmen&#233;e &#224; Kh&#244;ne, parlait de la &lt;i&gt;cadouille &lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les coups de b&#226;tons, bons pour les Annamites ; les Laotiennes, on leur tranche la t&#234;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a remarqu&#233; d'autre part que la plupart des Asiatiques, qui ne sont pas plus braves que nous et qui ne sont nullement plus fatalistes, meurent tr&#232;s bien sans donner, sur le lieu du supplice, aucun signe de faiblesse ni de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces qualit&#233;s qu'il faut leur reconna&#238;tre, ils ont de grands d&#233;fauts, dont le principal est la paresse : paresse inn&#233;e qu'accompagne plus ou moins l'indiff&#233;rence vis-&#224;-vis de l'argent. Ils ne demandent que le n&#233;cessaire, et encore &#224; peine ; pour eux, les jouissances qu'ils pourraient tirer des richesses ne compenseraient pas l'effort &#224; donner pour les obtenir. Comme le Chinois, a-t-on dit, le Laotien ne se sent pas le besoin d'id&#233;al qui nous agite. Chez eux, tout est r&#233;duit au strict n&#233;cessaire ; on ne trouve point les meubles encombrants dont l'Europ&#233;en ne peut se passer : comme lit, une simple natte sur le plancher, ou quelquefois sur un plancher surhauss&#233; ; point de v&#234;tements de nuit ni aucun autre meuble ; on s'assied par terre sur les talons et par cons&#233;quent chaises et tables sont inutiles. Ils n'ont point non plus de vaisselle ; &#224; peine un grand plat, autour duquel s'installent tous les convives, et contenant la soupe de l&#233;gumes tr&#232;s piment&#233;e et tr&#232;s claire dont ils se paient rarement le luxe. Le riz, qui constitue leur nourriture habituelle, est servi sur de larges feuilles de palmier ou dans de petits paniers en rotin merveilleusement tress&#233;, dont quelques-uns sont parfois tr&#232;s jolis. chacun se sert de sa main comme couvert apr&#232;s avoir, pour la forme, jet&#233; un peu d'eau dans la paume ; ils prennent le ri &#224; poign&#233;e, le p&#233;trissent l&#233;g&#232;rement et en font une boulette qu'ils absorbent d'un seul coup.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CHAPITRE XIV&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#338;URS, COUTUMES, SUPERSTITIONS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;[pages 197-200]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laotiens et Khas. &#8212; Quand de chez les Laotiens on passe chez les Khas, sauvages habitant le m&#234;me pays, on trouve entre eux bien moins de changement qu'on ne serait en droit de le croire. Les premiers ont joui d'une tr&#232;s grande renomm&#233;e et sont issus de la civilisation la plus recul&#233;e, dont le principe se perd dans la nuit des si&#232;cles, tandis que les Khas sont dans un &#233;tat de progr&#232;s rudimentaire qui en ferait tout juste des contemporains des premiers temps de l'&#226;ge de fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut reconna&#238;tre cependant qu'il y eut entre eux une s&#233;paration bien plus marqu&#233;e que celle qui existe maintenant, et qu'autrefois les relations de voisinage ont d&#251; &#234;tre assez tendues. Les villages khas sont tous isol&#233;s et bien s&#233;par&#233;s les uns des autres, puisque non seulement ils se t&#233;moignent de la m&#233;fiance de tribus &#224; tribus (et elles sont nombreuses), mais qu'ils sont m&#234;me en lutte les uns contre les autres dans une tribu de m&#234;me nom ; &#224; plus forte raison auraient-ils d&#251; &#234;tre ferm&#233;s &#224; leurs voisins civilis&#233;s. Ils se sont pourtant ouverts en grand nombre, mais les uns apr&#232;s les autres, aux Laotiens qui en ont profit&#233; pour &#233;tablir d'abord, sans doute, de simples relations commerciales. Quelques-uns s'y sont fix&#233;s, retenus par le mariage ou une autre raison. Dans beaucoup de cas, malgr&#233; la m&#233;fiance t&#233;moign&#233;e par les sauvages pour une immixtion &#233;trang&#232;re, ils ont pris un certain avantage dont ils continuent &#224; profiter ; cela, souvent, ne leur co&#251;te rien moins que la vie, car nous avons appris la mort de deux chefs laotiens qui, apr&#232;s avoir pu s'&#233;tablir dans un grand village kha, Ban Hou&#239;, et r&#233;unir les suffrages des autres habitants, ont eu la t&#234;te tranch&#233;e par leurs doux administr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelquefois, sans les laisser p&#233;n&#233;trer chez eux-m&#234;mes, les Khas veulent bien permettre (peut-&#234;tre parce qu'ils ne peuvent l'emp&#234;cher) aux Laotiens d'&#233;tablir un village imm&#233;diatement &#224; c&#244;t&#233; du leur. Ils semblent vivre alors en bonne intelligence et il se noue entre eux des relations d'amiti&#233; qui peuvent devenir des liens de la plus proche parent&#233;. Nous avons vu souvent des m&#233;nages de Laotiens et de femmes Khas, tandis que nous n'avons jamais rencontr&#233; l'inverse, c'est-&#224;-dire un Kha mari&#233; &#224; une Laotienne. Dans ces conditions, il est probable qu'il y aura d'ici peu de temps une fusion compl&#232;te entre tous les habitants. C'est du moins le cas de Bokham que nous avons habit&#233; plusieurs mois, install&#233;s entre les deux villages d'origine diff&#233;rente. Nous pourrions, il est vrai, &#234;tre l&#224; en pr&#233;sence d'une exception provoqu&#233;e par l'exploitation aurif&#232;re ; il en serait peut-&#234;tre ainsi si cette derni&#232;re n'&#233;tait depuis de si longues ann&#233;es sans travailleurs s&#233;rieux. Tous se livrent &#224; un autre genre de travail : g&#233;n&#233;ralement ils s'occupent de la culture, ou ne font rien du tout ; et ce n'est que pendant tr&#232;s peu de temps, &#224; la suite de la saison des pluies, qu'ils s'emploient &#224; la recherche de l'or, laquelle est alors un peu plus r&#233;mun&#233;ratrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Khas. &#8212; Le prince Henri d'Orl&#233;ans a dit, en faisant &#224; l'association fran&#231;aise le r&#233;cit de son voyage &#224; travers l'Indochine : &#171; Les Khas, au teint fonc&#233;, population inf&#233;rieure et de petite taille, apparent&#233;s aux Penongs et aux Stiengs du Cambodge et du Bas-Laos, semblent former l'&#233;l&#233;ment le plus ancien, aborig&#232;ne peut-&#234;tre, de l'Indochine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous lisons ailleurs, dans une relation du voyage de M. Mouhot au Laos : &#171; Les villages de Laotiens sauvages portent ici le nom de Ti&#234;. Ces derniers ne sont autres que ces tribus appel&#233;es penongs par les Cambodgiens, khas par les Siamois, mo&#239;s par les Annamites &#187; mots qui n'ont d'autre signification que celle de sauvages. Toute la cha&#238;ne de montagne qui s'&#233;tend du nord du Tonkin au sud de la Cochinchine, &#224; une centaine de milles au nord de Sa&#239;gon, est habit&#233;e par ce peuple tout &#224; fait primitif, divis&#233; en tribus qui parlent divers dialectes, mais dont les m&#339;urs sont partout les m&#234;mes. Tous les villages qui ne sont pas &#224; une tr&#232;s grande distance du M&#233;Kong sont tributaires : les plus rapproch&#233;s de la ville travaillent aux constructions du roi et des princes et ont toutes les corv&#233;es p&#233;nibles ; les autres payent leur tribut en riz. Leurs habitations sont situ&#233;es dans les endroits les plus touffus des for&#234;ts et o&#249; ils savent seuls se frayer un sentier. Leurs cultures se trouvent sur le penchant et le sommet des montagnes. En un mot ils emploient les m&#234;mes moyens que les animaux sauvages pour &#233;chapper &#224; leurs ennemis sans les combattre, et conserver la libert&#233; et l'ind&#233;pendance, qui sont pour eux, comme pour toutes les cr&#233;atures de Dieu, des biens supr&#234;mes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pouvions mieux choisir pour donner une premi&#232;re id&#233;e de la population que nous allons maintenant &#233;tudier. Nous ferons pourtant une remarque sur la citation tir&#233;e de M. Mouhot ; dans nos p&#233;r&#233;grinations, nous n'avons point eu connaissance du mot lie attribu&#233; &#224; la langue laotienne, nous les avons toujours entendu d&#233;nommer ces peuplades &#171; Khas &#187; par les Laotiens tandis que le mot siamois correspondant serait cu&#239;, Kou&#239; ou sou&#239;, Quoi qu'il en soit, toutes ces populations, qui ont des m&#339;urs bien semblables, &#224; d&#233;faut du langage, et qui sont toutes class&#233;es sous le qualificatif de sauvages, se divisent en un grand nombre de tribus que nous sommes peut-&#234;tre m&#234;me loin de conna&#238;tre toutes. Voici les noms que nous avons-nous-m&#234;mes entendu prononcer par les tribus habitant le Laos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Source gallica.bnf.fr / Biblioth&#232;que nationale de France]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ Document complet t&#233;l&#233;chargeable en PDF ]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le Laos par le Comte P. de Barth&#233;lemy - 1898</title>
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		<dc:creator>Benolaos</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'EXPANSION FRAN&#199;AISE DANS LE LAOS &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre 1 La grande &#339;uvre politique du vingti&#232;me si&#232;cle sera certainement, et peut-&#234;tre &#224; date prochaine, le partage d&#233;finitif de l'Afrique et de l'Asie entre les puissances europ&#233;ennes qui d&#233;j&#224;, dans ces deux continents, se sont taill&#233; un empire, en y affirmant respectivement leurs droits d'occupation, de protectorat ou d'annexion, et en s'y ouvrant des zones d'influence successivement agrandies. La France est entr&#233;e, sous Napol&#233;on III et surtout sous la troisi&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luangprabang-laos.com/-rubrique96-" rel="directory"&gt;Textes anciens sur le Laos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton600-72fca.jpg?1735528170' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'EXPANSION FRAN&#199;AISE DANS LE LAOS&lt;/h3&gt;&lt;dl class='spip_document_381 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L500xH381/le-laos-barthelemy-1898-cac5d.jpg?1735528170' width='500' height='381' ' alt='JPEG - 223.8&#160;ko' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-381 spip_doc_titre' &gt;&lt;strong&gt;Logement du Commandant B&#233;rard, &#224; Khong&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd style='display:none;'&gt;&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 1&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande &#339;uvre politique du vingti&#232;me si&#232;cle sera certainement, et peut-&#234;tre &#224; date prochaine, le partage d&#233;finitif de l'Afrique et de l'Asie entre les puissances europ&#233;ennes qui d&#233;j&#224;, dans ces deux continents, se sont taill&#233; un empire, en y affirmant respectivement leurs droits d'occupation, de protectorat ou d'annexion, et en s'y ouvrant des zones d'influence successivement agrandies. La France est entr&#233;e, sous Napol&#233;on III et surtout sous la troisi&#232;me r&#233;publique, dans ce mouvement intensif d'expansion coloniale. Gr&#226;ce &#224; des entreprises couronn&#233;es de succ&#232;s, elle a, par des trait&#233;s et des conqu&#234;tes, accru consid&#233;rablement ses possessions africaines et asiatiques. Pour ne parler ici que de ces derni&#232;res, la superficie totale de son territoire en Indo-Chine d&#233;passe d&#233;s maintenant 600.000 kilom&#232;tres carr&#233;s, et l'on peut pr&#233;voir que des extensions futures s'y ajouteront &#224; l'ouest et au nord. Il est vraisemblable, en effet, que nous reculerons encore nos limites du c&#244;t&#233; de la r&#233;gion montagneuse occup&#233;e par les Laotiens et que le Yun-Nan, le Kouang-Si,le Kouang-Toung ne nous opposeront pas toujours leurs barri&#232;res actuelles, la Chine m&#233;ridionale (1). qui confine au Tonkin, &#233;tant indiqu&#233;e aux emprises fran&#231;aises, si le morcellement aujourd'hui entrevu du bloc c&#233;lestial s'accomplit. Du reste, en ce qui concerne le Laos, la portion du Siam neutralis&#233;e par l'arrangement anglo-fran&#231;ais de 1896 ne saurait rester telle ; il suffirait d'une convention, d'ailleurs autoris&#233;e par cet accord, entre les cabinets de Paris et de Londres, pour nous permettre de reconstituer &#224; notre profit dans son int&#233;gralit&#233; l'ancien royaume khmer et, en englobant Korat, de nous assurer de tout l'ancien Laos. Cette sph&#232;re d'action nous appartient ou nous est accessible, et les &#233;v&#233;nements peuvent nous en donner le b&#233;n&#233;fice entier dans un d&#233;lai peu &#233;loign&#233; ; de m&#234;me que les privil&#232;ges et avantages commerciaux qui nous sont conc&#233;d&#233;s pour le pr&#233;sent, avec ceux &#224; obtenir dans le Yun-Nan et le Se-Tchuen (1), c'est-&#224;-dire dans les bassins si importants du fleuve Rouge et du fleuve Bleu, en vertu des stipulations de 1896 et de 1898, justifient nos esp&#233;rances d'accroissement ter-ritorial dans ces deux provinces encore chinoises (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 2&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ancien Laos n'a pas d'histoire. Bastian (3), qui l'a surtout &#233;tudi&#233; au point de vue de l'ethnog&#233;nie, n'a pu que conjecturer, en ce qui regarde son pass&#233;, d'apr&#232;s les livres des pr&#234;tres bouddhistes. Quant aux annales chinoises, elles n'en font pas mention avant le quinzi&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re. Les premiers renseignements que l'on en connut en Europe vinrent des Portugais, &#224; la suite de leurs rapports avec Siam, au commencement du seizi&#232;me si&#232;cle, et, quelque soixante-dix ou quatre-vingts ans plus tard, par les Espagnols qui d&#233;barqu&#232;rent sur les c&#244;tes de la Cochinchine. Mais ces donn&#233;es sont encore bien peu pr&#233;cises, et tout ce qu'elles apprenaient, c'est que le Laos &#233;tait un grand et riche royaume dont une partie avait &#233;t&#233; soumise par le roi d'Ayuthia (Siam), une autre conquise par les Birmans, le reste demeurant au pouvoir de populations sauvages, f&#233;tichistes, de la race tha&#239;, se partageant en deux grands groupes ethnographiques, les Ventres noirs (Khong-Dans ou tatou&#233;s) et les Ventres blancs (Khong-Khao, non tatou&#233;s), avec, dans l'une et l'autre des r&#233;gions qu'ils habitaient, des &#233;l&#233;ments shans (4). Encore ne faut-il accepter ces informations que dans un sens relatif, car la grandeur du royaume de Laos ne pouvait concorder, m&#234;me en tenant compte de leur densit&#233;, qu'avec le chiffre de ses habitants, que les supputations les plus &#233;lev&#233;es ne portaient pas, dans leur ensemble, &#224; plus de deux millions. Ce qui prouve, au surplus, que ceux qui en parlaient n'avaient eux-m&#234;mes que des bases d'appr&#233;ciation vagues ou erron&#233;es, c'est que, Chinois ou Europ&#233;ens, tous les auteurs qui racontent leurs voyages dans ce pays, jusque vers 1830(1), n'en connaissent pas la topographie exacte, et que ceux m&#234;mes qui y ont s&#233;journ&#233; plusieurs ann&#233;es n'en savent gu&#232;re davantage (2). Les missionnaires catholiques et protestants, et parmi eux principalement l'&#233;v&#234;que fran&#231;ais Mgr Pallegoix et le docteur Gutzlaff (1), rectifi&#232;rent un certain nombre de ces erreurs. D'autres membres des missions fran&#231;aises ou &#233;trang&#232;res, Grandjean (2), Schomburgk (3), des pionniers hardis comme Mouhot (4), compl&#233;t&#232;rent ces travaux en fournissant des notes pr&#233;cises sur le Laos. L'exp&#233;dition si remarquable &#224; tous &#233;gards du M&#233;kong par Doudart de Lagr&#233;e et Francis Garnier (5) eut en 1866 l'honneur de frayer la route du haut M&#233;kong, et la description de cette exploration, un chef d'&#339;uvre, mit fin &#224;, l'ignorance et &#224; l'incertitude jusqu'alors g&#233;n&#233;rales sur ce probl&#232;me dont la solution int&#233;ressait directement la France. Des voyageurs plus r&#233;cents, Harmand (6), Bock, N&#233;is, suivant la voie trac&#233;e par ces devanciers, contribu&#232;rent &#224; leur tour &#224; r&#233;unir les mat&#233;riaux de l'&#233;tude scientifique du Laos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces efforts et &#224; ces travaux, nous savons maintenant que le Laos, r&#233;gion centrale de l'Indo-Chine, correspond au bassin central du M&#233;kong, qu'il a pour bornes, au nord le Yun-Nan, &#224; l'ouest la Birmanie, au sud le Cambodge, &#224; l'est l'Annam. Il se partage entre le Siam et l'Annam. Sous le rapport physique, climatologique, &#233;conomique, il s'offre &#224; notre activit&#233; dans des conditions propres &#224; motiver nos vues sur ses ressources. La civilisation peut y rencontrer un champ fertile, bien que les populations y soient encore dans un &#233;tat de transition ethnique, elles conservent, en effet, beaucoup de leurs pr&#233;jug&#233;s, de leurs r&#233;sistances au progr&#232;s, elles n'ont pas cess&#233; de vivre en tribus, et, sans &#234;tre rebelles &#224; la culture du sol, au commerce avec leurs voisins, Chinois, Siamois, Birmans, Annamites, elles n'adoptent les influences du dehors qu'avec une opposition plus ou moins manifeste et accus&#233;e. Il y a donc toute une t&#226;che &#224; entreprendre prudemment par notre administration coloniale pour amener le Laos peu &#224; peu dans l'orbe de notre d&#233;veloppement mat&#233;riel et moral en Indo-Chine, et l'exp&#233;rience a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; que l'on n'obtiendra un r&#233;sultat s&#233;rieux dans ce sens qu'avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 3&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Politiquement, le Laos siamois est divis&#233; en plusieurs principaut&#233;s ou &#201;tats tributaires, ayant le m&#234;me nom que leurs capitales, dont les plus importantes sont Xieng-Ma&#239; (la ville neuve) sur la rive droite du M&#233;-Ping, au centre d'une plaine f&#233;conde et au point de jonction des routes menant &#224; Moulmein, chef-lieu de la province de T&#233;nasserim (Birmanie), et au Yun-nan ; Lakhon, aussi sur le M&#233;-Ping, et poss&#233;dant des chantiers de constructions navales ; Muang-Pr&#233; et Muang-Nam, riches en for&#234;ts ; Xien-Sen et Xien-Ha&#239;, au sud de la fronti&#232;re birmane, dans la vall&#233;e du M&#233;kong, villages ruin&#233;s et d&#233;peupl&#233;s il y a trente ans, mais redevenus florissants. Quant au Laos fran&#231;ais, il a pour capitale Louang-Prabang(l), moins peupl&#233;, &#224; la v&#233;rit&#233;, que Xieng-Ma&#239; et Lakkon, mais plus visit&#233; par les commer&#231;ants de toute esp&#232;ce, &#224; cause de la situation m&#234;me de son march&#233;, o&#249; se disputent les affaires. Stoung-Teng, Attopeu, sont &#233;galement en terre fran&#231;aise, la premi&#232;re de ces places pr&#233;sentant un int&#233;r&#234;t pour la navigation du fleuve et la douceur naturelle de sa population, la seconde, dans la r&#233;gion des Khas, au bord du plateau splendidement bois&#233; qui s'&#233;tend entre le M&#233;kong et son affluent le S&#233;kong. Que nous vaudra, une fois que notre autorit&#233; y sera solidement assise, cette r&#233;gion laotienne, comme importation et exportation ? On peut d&#233;j&#224; en faire approximativement le calcul. L'industrie n'y est encore que rudimentaire, mais la nature y met &#224; sa disposition d'assez abondantes richesses min&#233;rales, plomb, zinc, fer, cuivre, antimoine, des gisements, de sel, des carri&#232;res de calcaire, de vastes for&#234;ts de tek ; une flore et une faune pouvant &#234;tre utilement exploit&#233;e, plusieurs esp&#232;ces de riz, du millet, du sarrasin, du coton, des plantes ol&#233;agineuses, arachide et s&#233;same, des plantes textiles, chanvre, jute, ortie de Chine, des plantes tinctoriales, indigotier, rocouyer, sapan (2), plantes alimentaires, goyavier, bananier, canne &#224; sucre, manioc, canneilier, etc., puis l'&#233;l&#233;phant, le z&#232;bre, le buffle, etc. Les voies fluviales y facilitent les communications, et l'habilet&#233;, des indig&#232;nes &#224; confectionner leurs embarcations rend les moyens de transport g&#233;n&#233;ralement pratiques. Est-ce &#224; dire que ces productions naturelles pourraient &#234;tre mises &#224; profit par notre colonisation, sans accompagner celle-ci ou plut&#244;t sans la faire pr&#233;c&#233;der du travail moral ? Nous ne le croyons pas. Le Laotien est encore imbu des traditions de l'esclavage, qui a maintenu, pendant le r&#233;gime siamois, ces tribus dans un &#233;tat d'abaissement profond. &#171; C'est &#224; l'esclavage, dit avec raison M. Harmand, qu'il faut demander la raison de l'isolement r&#233;ciproque des races de l'Indo-Chine, de la haine qui existe entre elles, et de la terreur qui s'oppose presque enti&#232;rement &#224;. des relations commerciales d'o&#249; r&#233;sultent non seulement des &#233;changes de produits, mais aussi d'id&#233;es, et que l'on peut appeler le v&#233;ritable facteur de la civilisation. Si l'esclavage &#233;tait supprim&#233;, les Laotiens viendraient commercer chez les sauvages ; les Annamites, de leur c&#244;t&#233;, pourraient sans peur de se voir enlever, franchir partout leurs montagnes, et, en se mettant en rapport avec les populations de la vall&#233;e du M&#233;kong, ouvrir aux produits naturels du sol et des for&#234;ts des d&#233;bouch&#233;s vers la mer de Chine, qui semble si loin et qui est en r&#233;alit&#233; si proche. J'ai la conviction que la suppression de l'esclavage dans toute l'Indo-Chine est chose relativement facile ; il suffirait de supprimer les deux grands march&#233;s de Bangkok et du Cambodge. Pour le Cambodge, qui est sous notre autorit&#233;, ce r&#233;sultat est en partie atteint ; &#224; Bangkok, l'influence europ&#233;enne est assez puissante pour l'obtenir &#233;galement, et nous pouvons exiger du roi non seulement la suppression de la chasse aux Khas, mais la prohibition de l'achat et de la vente des esclaves sauvages dans les provinces du Laos (1). Ce v&#339;u n'a pas encore &#233;t&#233; compl&#232;tement r&#233;alis&#233;. Le roi de Siam actuel Chulalongkorn n'y est point d&#233;favorable, et son r&#233;cent voyage en Europe fera incliner ce souverain sans doute encore plus efficacement &#224; seconder cette abolition des coutumes barbares ; mais il v a des racines que Yon ne fait dispara&#238;tre enti&#232;rement que par des mesures auxquelles le roi n'aura point recours, si, comme il arrive, malgr&#233; son pouvoir autocratique, il est prisonnier de sa cour. Les m&#339;urs laotiennes ne se transformeront qu'avec l'action europ&#233;enne, le jour o&#249; la France &#233;tendra son &#339;uvre d'&#233;mancipation &#224; tout le Laos (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles SIMOND.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Document complet t&#233;l&#233;chargeable en PDF&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Au Laos, &#233;tude par Ko-Noi - 1906</title>
		<link>https://luangprabang-laos.com/Au-Laos-Ko-Noi-1906</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benolaos</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Royaume de Luang Prabang &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sire, la c&#233;r&#233;monie &#224; laquelle je viens d'avoir &#171; le grand honneur de proc&#233;der, consacre solennellement les droits et pr&#233;rogatives que M. le Gouverneur g&#233;n&#233;ral a bien voulu vous conf&#233;rer &#187;. C'est M. Mah&#233; qui, lors du couronnement du jeune Roi, pronon&#231;ait ces paroles sacramentelles, en cette c&#233;r&#233;monie &#224; laquelle il ne manquait que quelques mesures de musiquette. M. Mah&#233; pla&#231;ait en m&#234;me temps la couronne royale sur la t&#234;te royale de Sidavanvong, devant derri&#232;re, du reste, ce qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luangprabang-laos.com/-rubrique96-" rel="directory"&gt;Textes anciens sur le Laos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton597-e4a45.jpg?1735528170' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Royaume de Luang Prabang&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sire, la c&#233;r&#233;monie &#224; laquelle je viens d'avoir &#171; le grand honneur de proc&#233;der, consacre solennellement les droits et pr&#233;rogatives que M. le Gouverneur g&#233;n&#233;ral a bien voulu vous conf&#233;rer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est M. Mah&#233; qui, lors du couronnement du jeune Roi, pronon&#231;ait ces paroles sacramentelles, en cette c&#233;r&#233;monie &#224; laquelle il ne manquait que quelques mesures de musiquette. M. Mah&#233; pla&#231;ait en m&#234;me temps la couronne royale sur la t&#234;te royale de Sidavanvong, devant derri&#232;re, du reste, ce qui permit au grand bonze d'intervenir utilement pour rectifier le geste de M. Mah&#233;, et couronner vraiment le roi, aux yeux de la population laotienne, ainsi que le veulent les usages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en consacrant officiellement les pr&#233;rogatives du Roi, le R&#233;sident Sup&#233;rieur n'avait cess&#233; de demander la suppression de ce roitelet, de son budget, de son royaume, et de r&#233;clamer avec insistance la transformation du royaume en une province du Laos. Les m&#234;mes id&#233;es hautes et larges qui avaient hant&#233; l'esprit du &#171; Colonel &#187; durant toute sa carri&#232;re, se retrouvaient donc chez son successeur, qui pourrait ne pas s'en vanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le royaume de Luang-Prabang a conserv&#233; son autonomie compl&#232;te. Il s'administre lui-m&#234;me, proc&#232;de &#224; la confection de ses r&#244;les, per&#231;oit son imp&#244;t, rend sa justice, par l'entremise de ses mandarins et fonctionnaires indig&#232;nes, sous notre contr&#244;le et notre direction. C'est ce self-governement qu'on veut supprimer, d&#233;sireux qu'on est d'enlever au Roi et &#224; ses aides l'autorit&#233; toute paternelle qu'ils ont et que nous ne pourrons jamais avoir sur l'indig&#232;ne. Et quel est le r&#233;sultat de cette administration indig&#232;ne ? Non seulement le royaume de Luang-Prabang vit de ses propres ressources, ne demande rien &#224; personne, mais il donne encore des subventions au budget du Laos et poss&#232;de une caisse de r&#233;serve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le budget de Luang-Prabang s'&#233;l&#232;ve, pour 1906, en recettes, &#224; 132.300 piastres et nul doute que ces pr&#233;visions ne soient d&#233;pass&#233;es &#224; la fin de l'ann&#233;e, la r&#233;vision des listes de recensement se faisant actuellement par les soins des fonctionnaires indig&#232;nes et pouvant laisser pr&#233;voir, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, une forte plus-value d'imp&#244;ts directs. L'imp&#244;t personnel et le rachat de corv&#233;e entrent pour 119.700 piastres dans les recettes, c'est-&#224;-dire pour la presque totalit&#233;. Et encore faut-il ajouter que les droits de sortie sur les produits du royaume &#8212; caoutchouc, cardamone, benjoin, gomme laque, teck, etc &#8212; ne rentrent pas dans le budget du royaume, mais sont per&#231;us au profit du Laos qui chaparde, de ce fait, encore une dizaine de mille piastres, au moins, au budget royal. Les d&#233;penses d'autre part s'&#233;l&#232;vent &#224; 62,300 $.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il reste donc un exc&#233;dent de recettes de 70,000 piastres. D'apr&#232;s les arr&#234;t&#233;s en vigueur, la moiti&#233; de cet exc&#233;dent, soit 35,000 piastres, doit &#234;tre vers&#233;e &#224; la caisse de r&#233;serve, l'autre moiti&#233; au budget du Laos. Il en devrait &#234;tre ainsi du moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il en va autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
On impute au budget royal des d&#233;penses suppl&#233;mentaires, des subventions. Aux frais de l'&#233;cole et de l'ambulance il contribue pour 6,000 piastres.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entretien de la garde indig&#232;ne lui co&#251;tait 12,000 piastres, on vient de le porter &#224; 24,000 $.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, ces subventions s'&#233;l&#232;vent &#224; 30,000 $, pour 1906.&lt;br class='autobr' /&gt;
On fait rentrer ces subventions dans les d&#233;penses ordinaires, de sorte que - L'exc&#233;dent des recettes se trouve r&#233;duit d'autant, &#224; 40,000 piastres. Sur ce chiffre, la moiti&#233; va au budget du Laos ; le Tr&#233;sor royal met l'autre moiti&#233; dans sa caisse de r&#233;serve, c'est-&#224;-dire 20,000 piastres au lieu de 35,000 piastres, lorsque le budget du Laos re&#231;oit, en outre de ces 20,000 piastres, les 30,000 piastres vis&#233;es plus haut, ce qui porte le total de la subvention que lui donne Luang-Prabang &#224; 50,000 $. Si j'ajoute 10,000$ dont le royaume devrait b&#233;n&#233;ficier par les taxes de sortie, c'est un total de 60,000 piastres dont il se trouve frustr&#233; tous les ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout naturel que Luang-Prabang participe aux travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#8212;quoiqu'il n'en profite gu&#232;re &#8212; si tant est qu'il y en ait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le chiffre de la subvention devrait &#234;tre fix&#233;, et ne pas varier au gr&#233; d'une administration besogneuse, qui jette l'argent qu'on lui donne de tous c&#244;t&#233;s, sans mesure, sans r&#232;gle, comme, du reste, sans contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je noterai en passant que, depuis des ann&#233;es, on refuse au royaume un instituteur et un agent des Travaux Publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce royaume privil&#233;gi&#233;, cette colonie unique parmi nos colonies, avec la Cochinchine, commence &#224; &#234;tre &#233;prouv&#233;e par cette administration qui, au nom de la morale, de la grandeur, de l'esprit humanitaire de la France, tient &#224; ce que le Laotien ait les m&#234;mes besoins que nous, qu'il &#233;prouve les m&#234;mes sensations ; qui entend lui faire trouver du plaisir et du bonheur l&#224; et comme nous en trouvons, et qui, au nom de ces grands principes tout le temps r&#233;p&#233;t&#233;s, ne fait que l&#233;ser les int&#233;r&#234;ts de ses prot&#233;g&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut esp&#233;rer que le Gouvernement G&#233;n&#233;ral ne prendra pas les vessies qu'on lui pr&#233;sente, pour des lanternes. Il y a, du reste, assez de &#171; Laotiens &#187;, en haut lieu, pour qu'ils fassent comprendre &#224; M. Beau toute l'inanit&#233;, toute la monstruosit&#233; de cette id&#233;e qui consiste &#224; vouloir supprimer l'autonomie de Luang-Prabang, pour le doter de notre inintelligente administration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Colonel &#187; ne pouvait subir le roi de Luang-Prabang : c'&#233;tait une autorit&#233; qui lui portait ombrage, un territoire qui glissait dans sa main, un budget qui lui &#233;chappait. Il n'&#233;tait de paroles, d&#233;sagr&#233;ables qu'il ne fit entendre au vieux roi, qui souriait et laissait passer la col&#232;re r&#233;sidentielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me &#233;tat d'&#226;me se retrouve chez M. Mah&#233;, et l'incite &#224; demander la suppression pure et simple du royaume, et son assimilation &#224; une province du Laos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fonctionnaire qui se trouve &#224; Luang-Prabang, que ce soit M. Gaud, M. Vacle ou M. X. consid&#233;rera toujours comme de son devoir de d&#233;fendre cette autonomie, dans l'int&#233;r&#234;t m&#234;me du pays, et c'est pourquoi il devrait d&#233;pendre du Gouvernement G&#233;n&#233;ral et non du R&#233;sident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas me placer au point de vue sentimental&#8212; le sentiment, qu'on invoque trop souvent, n'est pas un moyen de politique ni de gouvernement, ou c'en est un mauvais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne rappellerai donc que pour m&#233;moire les conditions dans lesquelles le royaume a accept&#233; notre protection, les promesses formelles qui ont &#233;t&#233; faites par le Gouvernement de respecter son autonomie, les engagements solennels et r&#233;it&#233;r&#233;s &#8212; y compris ceux dont M. Mah&#233; a &#233;t&#233; le porte-parole &#8212; de laisser au pays son Roi, ses lois, son budget et ses mandarins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'arr&#234;terai qu'au point de vue strictement terre &#224; terre-et de plus bas int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas au lendemain des sensationnels discours de M. Rodier, ce n'est pas alors qu'on reconna&#238;t unanimement qu'on a eu tort, dans nos protectorats et colonies, d'enlever aux mandarins indig&#232;nes, au lieu de la diriger, l'autorit&#233; qu'ils avaient par atavisme, par instinct de race, sur leurs sujets, autorit&#233; que nous n'avons jamais pu conqu&#233;rir et que nous n'obtiendrons point, ce n'est pas de ce jour-l&#224; qu'on peut songer &#224; commettre, sciemment, pour le royaume de Luang-Prabang, les fautes, les erreurs, que nous reconnaissons et que nous voulons r&#233;parer ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons, au contraire, relever le prestige de ces mandarins, de cette hi&#233;rarchie administrative par l'interm&#233;diaire desquels &#171; seulement &#187; nous pourrons obtenir des indig&#232;nes ce que nous leur demandons. A nous, ils n'ob&#233;iraient pas, ils opposeraient la force d'inertie que l'on constate dans tout le Laos, sans pouvoir y rem&#233;dier ; ce serait l'anarchie comme dans les autres provinces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, il y a beaucoup &#224; faire, et beaucoup de choses int&#233;ressantes dans le Luang-Prabang, ne serait-ce que l'&#233;mancipation des Khas, qui demeurent exploit&#233;s par le Laotien comme des b&#234;tes de somme. C'est une race de travailleurs doux, intelligents et, chose rare, capables de reconnaissance. Ils sont, dans le Luang-Prabang, plus nombreux que les Laotiens. Les &#233;manciper, les d&#233;livrer de cette tutelle despotique des Laotiens, qui les consid&#232;rent comme d'une race tr&#232;s inf&#233;rieure, et qui ne vivent que de leur travail, serait une &#339;uvre &#233;minemment belle, tentante, et alors humanitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce serait difficile, long, p&#233;nible, car on rencontrerait contre une pareille r&#233;forme l'opposition sourde ou d&#233;clar&#233;e de toute la population &#8212; peuple et mandarins. &#8212; Mais c'est sur ce point, justement, que nous devrions agir de nos conseils, de notre influence, aupr&#232;s du haut personnel indig&#232;ne. La t&#226;che n'est pas impossible, bien loin de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Source gallica.bnf.fr / Biblioth&#232;que nationale de France]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Document complet t&#233;l&#233;chargeable en PDF]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mission Pavie - G&#233;ographie et voyage - Livre 1</title>
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&lt;p&gt;Extrait : &lt;br class='autobr' /&gt;
DE XIENG-SEN A LUANG-PRABANG &lt;br class='autobr' /&gt;
Xieng-Sen, sur l'emplacement d'une ancienne capitale d&#233;truite dont les ruines sont encore de tous c&#244;t&#233;s dans la plaine et sur les collines, &#233;tait alors un pauvre petit village. A quelque distance en remontant le fleuve, se trouve le bac de Xieng-Lap o&#249; les caravanes de mules venant du Yunnan, allant au Laos et en Basse-Birmanie, passent le M&#233;khong. Il &#233;tait &#224; cette &#233;poque afferm&#233;, 4 500 francs, ce qui supposait un mouvement de 18 000 mules, ces b&#234;tes &#233;tant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luangprabang-laos.com/-rubrique96-" rel="directory"&gt;Textes anciens sur le Laos&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://luangprabang-laos.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton601-3037a.jpg?1735528170' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DE XIENG-SEN A LUANG-PRABANG &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Xieng-Sen, sur l'emplacement d'une ancienne capitale d&#233;truite dont les ruines sont encore de tous c&#244;t&#233;s dans la plaine et sur les collines, &#233;tait alors un pauvre petit village. &lt;br class='autobr' /&gt;
A quelque distance en remontant le fleuve, se trouve le bac de Xieng-Lap o&#249; les caravanes de mules venant du Yunnan, allant au Laos et en Basse-Birmanie, passent le M&#233;khong. Il &#233;tait &#224; cette &#233;poque afferm&#233;, 4 500 francs, ce qui supposait un mouvement de 18 000 mules, ces b&#234;tes &#233;tant tax&#233;es chacune 0 fr. 25 et les conducteurs ne payant rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque des basses eaux (f&#233;vrier), la course de Xieng-Sen &#224; Luang-Prabang demande une dizaine de jours, Dans les biefs, le fleuve coule paisible sur une grande largeur entre des berges hautes, de 25 &#224; 30 m&#232;tres que garnissent par endroits des groupes de cases, mais le plus souvent, son lit r&#233;tr&#233;ci entre des rochers forme des obstacles, rapides et tourbillons, avec lesquels les bateliers laotiens, remarquablement habiles, sont familiaris&#233;s depuis l'adolescence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le parcours, Xieng-Kong est le seul centre un peu important ; en face du village, sur la rive gauche, on recueillait, depuis quelques ann&#233;es, des saphirs dans un terrain alluvionnaire qui borde le fleuve. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;bouch&#233; de chaque vall&#233;e est marqu&#233; par des petits march&#233;s install&#233;s annuellement pendant la saison s&#232;che, par des habitants de Luang-Prabang, et qui attirent les montagnards et les riverains de l'int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux confluents de plusieurs torrents, sur les deux rives et dans des &#238;lots rocheux, entre XiengKong et le petit village de Pak-Beng, des chercheurs d'or, pour la plupart des Khas Moucks, examinaient les sables aurif&#232;res dans lesquels ils ramassaient g&#233;n&#233;ralement chacun un demigramme par jour du pr&#233;cieux m&#233;tal. &lt;br class='autobr' /&gt;
A Pak-Ta, embouchure d'une belle rivi&#232;re, je quittai mes pirogues pour m'embarquer sur des radeaux sp&#233;cialement arrang&#233;s pour la descente du fleuve, particuli&#232;rement dangereuse &#224; partir de ce point. Ils &#233;taient form&#233;s de deux pirogues jumel&#233;es, r&#233;unies et soutenues par de gros faisceaux de bambous ; garnis d'un clayonnage en guise de plancher, et recouverts d'une toiture en paillotte quelquefois &#233;l&#233;gante ; ils &#233;taient tr&#232;s habitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Luang-Prabang le 10 f&#233;vrier 1887. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les cases s'&#233;tendaient un kilom&#232;tre sur la rive droite du fleuve et trois sur la rive gauche. Au bord de l'eau, tr&#232;s basse, des filets pour la p&#234;che de l'&#233;norme poisson pla boeuk &#233;taient suspendus &#224; de grands s&#233;choirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Unique ville, dans le sens du mot, des bords du grand fleuve au Laos, sa population &#233;tait alors estim&#233;e &#224; 15 000 habitants. Elle tient son importance d'une situation privil&#233;gi&#233;e au-dessous des confluents de trois gros cours d'eau, le Nam-Hou, le Nam-Seuang, et le Nam-Khane, par lesquels les divers produits de l'int&#233;rieur lui arrivent sur des radeaux de bambous qui, tels qu'ils sont construits, ne pourraient sans danger se risquer au-del&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voyageais alors depuis six jours, de conserve avec le fonctionnaire siamois qui m'avait devanc&#233; &#224; Xieng-Ma&#239; et qui, apr&#232;s avoir fait son installation &#224; Luang-Prabang, &#233;tait venu audevant de moi. Il s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; comme topographe venant des fronti&#232;res de Chine et me rencontrant par hasard. J'avais feint de le croire. Sur la berge, &#224; Luang-Prabang, il avait d&#233;clin&#233; son nom et son titre de commissaire, et m'avait fait conna&#238;tre qu'il &#233;tait charg&#233; par son gouvernement de m'assister dans les rapports avec les autorit&#233;s du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II&lt;br class='manualbr' /&gt;LAOS ORIENTAL&lt;br class='manualbr' /&gt;A. PAVIE&lt;br class='manualbr' /&gt;10 f&#233;vrier au 14 octobre 1887 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A. Luang-Prabang, j'avais beaucoup &#224; apprendre sur le pays et les r&#233;gions &#233;tendues au nord et &#224; l'ouest entre lui et le Tonkin. Cette principaut&#233;, aujourd'hui partie int&#233;grante de notre colonie d'Indo-Chine et qui &#233;tait, depuis les temps anciens, tributaire de la Chine et de l'Annam, avait pour r&#233;gime politique le syst&#232;me f&#233;odal de la plupart des &#201;tats o&#249; le bouddhisme pur est observ&#233;, un vieux roi en &#233;tait le chef, et le commandant de la troupe siamoise qui venait d'entrer en sc&#232;ne repr&#233;sentait aupr&#232;s de lui le gouvernement de Bangkok. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis une trentaine d'ann&#233;es, par suite de l'ins&#233;curit&#233; des routes, les relations y &#233;taient interrompues avec la Chine et l'Annam. Notre &#233;tat de guerre avec ces derniers pays, avait singuli&#232;rement entrav&#233; nos recherches sur le Laos. 11 n'y avait par ailleurs, pas &#224; songer &#224; obtenir des renseignements utiles des fonctionnaires siamois ni des autorit&#233;s laotiennes ; les premiers qui occupaient les r&#233;gions contest&#233;es pour le compte de leur gouvernement ne voulaient pas, en me servant, rendre leur t&#226;che plus difficile : quant aux secondes, elles avaient de ceux-ci des recommandations si pr&#233;cises de discr&#233;tion avec moi que j'avais compris, d&#232;s en entrant au Laos, que je devrais, pour le moment, me contenter de travailler &#224; l'&#233;tude g&#233;ographique du pays et &#224; me faire conna&#238;tre des populations en observant les &#233;v&#233;nements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours apr&#232;s une premi&#232;re visite au roi, je me rendis avec mon personnel sur des chevaux que le vieux souverain laotien avait mis &#224; ma disposition, &#224; l'endroit, sur les bords du &lt;br class='autobr' /&gt;
Nam-Khane, o&#249; reposait la d&#233;pouille d'Henri Mouhot. De la tombe &#233;rig&#233;e par le Dr N&#233;&#239;s quatre ans auparavant, il restait &#224; peine trace. Je m'entendis alors avec les gens du village voisin, Ban Peunom, o&#249; le premier explorateur du Laos avait succomb&#233;, pour qu'un petit monument durable f&#251;t &#233;lev&#233; sur cet emplacement et pour qu'on l'entret&#238;nt. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus tard, le commissaire siamois, r&#233;pondant &#224; mon d&#233;sir d'aller examiner les voies conduisant du M&#233;khong au Tonkin, m'annon&#231;a que le chef des troupes ayant achev&#233; l'organisation des vastes territoires qu'il avait conquis ou pacifi&#233;s, revenait &#224; Luang-Prabang avec ses soldats qu'il ram&#232;nerait ensuite &#224; Bangkok, et, que pendant son s&#233;jour dans la capitale laotienne, il arrangerait avec moi la question du voyage &#224; travers les pays d'o&#249; il descendait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers ce temps, j'appris qu'en ville, on racontait tout bas, en se montrant tr&#232;s inquiet des cons&#233;quences possibles de l'&#233;v&#233;nement : le passage en barque, devant Luang-Prabang, de quatre jeunes gens, encha&#238;n&#233;s, enlev&#233;s par le chef siamois dans un canton du nord et dirig&#233;s par son ordre sur Bangkok. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 mars, cet officier, connu plus tard sous le titre de Phya Surrissak, faisait une entr&#233;e solennelle &#224; Luang-Prabang dont les rues avaient &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;es et o&#249; des arcs-de triomphe, en bambous et carton, avaient &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s par les soins des autorit&#233;s siamoises. Une trentaine de chefs des pays parcourus par ses troupes, ainsi que plusieurs chefs de Pavillons noirs et de Pavillons jaunes, que l'on confondait dans le pays, sous le nom de H&#244;s, avec les Chinois du Yunnan, &#233;taient dans son cort&#232;ge et devaient le suivre &#224; Bangkok. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon d&#233;part fut fix&#233; au 30 du m&#234;me mois. Je devais remonter le Nam-Hou. puis son affluent le Nam Ngoua, jusqu'&#224; Muong Theng2 ; l&#224;, je prendrais la voie de terre vers Takhoa et la Rivi&#232;reNoire, d'o&#249; je descendrais &#224; Hano&#239;. Un jeune officier siamois devait m'accompagner jusqu'&#224; la rencontre du premier chef Pavillon noir, &#224; qui avait &#233;t&#233; offert un titre siamois, et pour qui il aurait une lettre du chef des troupes, me recommandant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le chef siamois me pr&#233;vint par ailleurs qu'il avait favoris&#233; la fuite, &#224; travers le Laos, de l'ancien r&#233;gent du royaume d'Annam, Thuyet, qui se trouvait actuellement dans le pays de Muong-La&#239;3, et que je devrais prendre garde &#224; cet ennemi des Fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ngin allait m'accompagner avec la moiti&#233; des Cambodgiens ; Som et les autres garderaient, en mon absence, mon installation provisoire &#224; Luang-Prabang. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant mon s&#233;jour, j'avais recueilli six inscriptions anciennes dans les temples de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur : Pavie, Auguste (1847-1925)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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